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 Comment ça coincé ?C'est quoi ce bordel ?

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Hey mais c'est
Victorin Blanchet


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MessageSujet: Comment ça coincé ?C'est quoi ce bordel ?   Dim 3 Avr - 18:56

Cela devait faire une heure à tout cassé que Victorin avait quitté ces individus qu'on appelait famille. Et rien ne le réjouissait autant. Maintenant qu'il marchait seul dans la lande il se sentait enfin libre, décontracté, comme si tout ses ennuis s'étaient envolés. Enfin presque. Le temps qui passait ne cessait de le rapprocher du moment fatidique. Il faudra bien qu'il rentre à un moment ou à un autre, il le savait. Son père devait s'inquiéter et sa belle mère, il n'osait même pas y penser, quand à ce chien là, cette boule de poils puante... Le jean du jeune homme était encore souillé des vomissures de la bête et l'odeur qui s'en dégageait, malgré l'air frais qui aurait du la masquer, était loin d'être agréable. Victorin fouilla dans ses poches, pas de mouchoirs. Il eut alors une idée, surement pas la meilleures mais c'était tout ce qu'il avait sous la main. Il se baissa et ramassa une grosse touffe d'herbes puis il essaya tant bien que mal de nettoyer son pantalon auquel s'ajoutait maintenant une jolie tache verte.

Eh merde... Fais chier !

Victorin regarda son jean, contrarié que son intention n'ait pas eu l'effet escompté. Bon, il était peut être temps de rentrer maintenant, ils avaient encore de la route à faire. Et plus vite il serait rentré plus vite il se changerait. Sans oublier qu'il pourrait enfin se retrouver au chaud. Pour des vacances il se serait attendu à mieux. Depuis qu'il était partit Victorin n'avait rencontré que du brouillard, pas un seul rayon de soleil, et l'humidité ne faisait qu'accroitre le froid. Le jeune homme prit son téléphone et regarda l'horloge. Cela faisait bien plus d'une heure maintenant qu'il errait sur la lande. Il réajusta son écharpe autour de son coup, remonta la fermeture éclair de son manteau et prit le chemin du retour. Il n'était pas vraiment sur de suivre la bonne direction si bien qu'il rebroussa chemin à plusieurs reprises, se retrouvant à chaque fois au même endroit. Il essaya alors de s'orienter grâce au gps de son portable mais il semblait ne pas fonctionner. Quoi de plus normal dans ces conditions. Il essaya de téléphoner à son père. Rien. Les paroles de sa belle mère lui revinrent alors en tête. "Tu vas voir c'est beau la campagne..." Pourquoi avait-il fallut que son père s'entiche d'une pareille greluche ! Quoi qu'il en soit il était coincé là pour le moment, n'ayant rien d'autre à faire que de parcourir la lande à la recherche d'aide. Il lui avait d'ailleurs sembler apercevoir une silhouette un peu plus loin. Victorin marcha donc d'un pas décidé vers ladite silhouette et rencontra finalement quelqu'un. Une jeune fille à la peau pâle, de longues boucles brunes encadrant son visage. Bref une fille quoi. Victorin était encore assez loin d'elle et il hésitait à s'approcher pour lui demander de l'aide. Il avait toujours détesté les filles. Ses soeurs d'abord, et puis toutes les autres. Elles n'étaient que sources d'ennui, la preuve avec sa belle mère. Le jeune homme regarda autour de lui mais apparemment il n'avait pas d'autre alternative, il s'élança donc vers l'inconnu et sans aucune cérémonie il alla direct à l'essentiel.

Hé ! Comment on se barre d'ici ?J'dois rejoindre la route.

Puis, les mains dans les poches, les écouteurs toujours sur les oreilles, son jean dans un état lamentable, il se planta là comme un piquet attendant qu'on lui donne une réponse.
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Camille Weber

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MessageSujet: Re: Comment ça coincé ?C'est quoi ce bordel ?   Dim 3 Avr - 23:25

C'était le milieu d'après-midi et pourtant il faisait aussi sombre que si le jour ne s'était pas encore levé, il n'y avait pas à douter, c'est bien grâce à des jours comme celui-ci que la Bretagne tenait sa réputation de région où il ne fait jamais beau. D'un autre côté, comme se disait Camille qui tentait toujours de trouver le bon côté des choses, on n'était que fin janvier, peut-être début février, il n'était donc guère étonnant que la météo ne soit pas radieuse, il ne faisait sans doute pas plus beau chez elle, peut-être juste quelques flocons de neige en plus. Cela faisait plusieurs jours, elle ne savait pas combien, que Camille s'était retrouvée coincée sur la lande. La jeune fille avait refusé de compter les journées qui passaient, cela lui donnait moins l'impression d'être enfermée mais finalement, ce n'était qu'une illusion, la sensation d'enfermement était bel et bien présente, pesante. La pointe du groix, une lande ennuyeuse où elle était enfermée, où ils étaient tous enfermés. Ils ? Des étrangers, des inconnus, des gens qu'elle n'avait jamais vu mais surtout qu'elle n'aurait jamais souhaité voir. Parmi eux il y avait bien entendu Pierrick, mais lui, ce n'était pas tout à fait la même chose. Lui elle le connaissait avant, même si ce n'était que virtuellement, ce n'était donc pas un inconnu comme les autres, si elle était venue là, c'était pour le rencontrer, pour aucune autre raison. Il y avait aussi Alyss, celle qui l'avait accueillie, qui lui avait appris qu'elle était prisonnière de cette lande. Elle était gentille Alyss, elle lui avait même prêté une écharpe pour la réconforter lorsque, sous le poids des révélations, Camille avait craqué et fondu en larmes. C'était aussi Alyss qui avait conduit Pierrick jusqu'à la jeune Alsacienne. Pour résumer, Alyss était une amie pour Camille, celle à qui elle irait se confier en cas de besoin, la seule personne à qui elle avait accordé sa confiance depuis qu'elle était arrivée. Les autres, Camille les évitait, elle les craignait un peu. Certes, elle était bien consciente qu'ils ne lui voulaient aucun mal mais cette fichue appréhension vis à vis des étrangers l'empêchait de s'ouvrir à eux. Elle dialoguait avec eux le moins possible, se contentant des banalités d'usage et de prendre part aux taches quotidiennes dans le blockhaus. En dehors de ces moments et des repas qu'elle passait avec tout le monde, Camille était assez solitaire, enfin autant que le permettait l'espace restreint dans lequel ils était tous enfermés...
Ce jour là, Camille n'avait rien fait de spécial, assise sur son matelas elle n'avait adressé la parole à presque personne, attendant simplement que le temps passe puisqu'elle n'avait rien de mieux à faire. Dans son sac il y avait bien un bouquin mais elle n'avait pas envie de lire, elle n'avait envie de rien, juste de rentrer chez elle. Les journées qui s’enchaînaient commençaient très sérieusement à peser sur le moral de la jeune fille, surtout lorsque la météo était grise comme ce jour là. De temps en temps Pierrick venait la voir, tentant de la faire sourire mais il avait fini par comprendre que c'était un jour sans et qu'il valait peut être mieux la laisser seule. Camille se doutait que la voir comme ça faisait que le jeune homme s'en voulait, mais elle ne pouvait s'en empêcher ce qui ne l'aidait pas à retrouver sa bonne humeur. Il s'en voulait car il se sentait responsable de leur captivité. C'était lui qui avait décidé de ce lieu de rendez-vous et sans lui, jamais Camille ne serait venue sur la pointe, il y avait de quoi se sentir coupable, même si elle ne lui en voulait pas. Pourquoi aurait-il été responsable ? Y-avait-il seulement un responsable ? C'était une question qui revenait souvent dans l'esprit de Camille, est-ce que quelqu'un était responsable de ce qui leur arrivait à tous ? Elle était résignée, agissant presque comme une condamnée, cela ne lui ressemblait tellement pas. Camille était solitaire et timide, certes mais j'aimais elle n'avait été pessimiste, au contraire, elle voyait toujours le bon côté des chose. Mais dans cette situation, elle avait à certains moment bien du mal à trouver des points positifs à sa captivité. Elle avait raté la rentrée ce qui lui ferait sans doute louper son année si elle finissait par sortir de là un jour et ses parents devaient s'inquiéter. Elle n'avait jamais été proche d'eux et pourtant, il lui arrivait régulièrement de penser à eux qui avaient trouvé une maison déserte sans aucun mot lorsqu'ils étaient rentrés de leur séjour au ski. Fixant le mur de pierre qui se dressait en face d'elle, Camille avait à peine bougé depuis le déjeuner et elle commençait à se sentir engourdie. Il ne pleuvait visiblement pas à l'extérieur et ni Alyss, ni Pierrick ne se trouvait à proximité, la jeune fille se releva donc avec la ferme intention de sortir, de s'aérer les idées avant de sombrer dans la déprime. Elle voulait éviter que ses deux amis la voient partir car ils auraient pu vouloir l'accompagner et à ce moment là, elle désirait plus que tout être seule, seule dans la brume et non plus seule au milieu des autres.
En dehors de blockhaus le vent et l'humidité régnaient en maîtres mais emmitouflée dans son écharpe de laine grise et son gilet assorti, Camille ne s'en rendait qu'à peine compte. Elle commença à marcher, ou plutôt à errer, droit devant elle, sans vraiment choisir d'un lieu où aller. Regarder la mer ne l'amusait plus tant que ça et elle savait qu'il y avait des gens à l'observatoire en haut de la falaise, il était donc hors de question pour elle d'aller se percher au sommet de celle-ci, les pieds dans le vide pour apprécier cette impression de liberté que l'on n'a que lorsque le ciel s'ouvre devant nos yeux. C'est donc machinalement, sans même s'en rendre compte, que la jeune fille se dirigea droit dans la muraille de brume qui les coupaient du monde extérieur, du monde vers lequel elle et tous les autres rêvaient de retourner. Dans cette brume au moins personne ne viendrait la chercher, elle pourrait profiter pleinement de cette solitude et de cet isolement qu'elle recherchait. Elle culpabilisait juste un peu en pensant à Pierrick qui risquerait de s'inquiéter pour elle si il voyait qu'elle avait disparu. Mais d'un autre côté, il ne risquait pas de lui arriver grand chose et si il la cherchait vraiment, il ne tarderait pas à la trouver. Une fois ces craintes apaisées, la jeune fille continua son cheminement à travers le nuage de brume. Cela faisait plusieurs minutes qu'elle marchait lorsque, considérant qu'elle était assez éloignée du blockhaus pour ne pas être dérangée par un autre naufragé, elle s'assit dans l'herbe humide pour tenter d'apprécier le calme qui l'entourait. Là elle se sentait enfin sereine, elle en aurait presque oublié où elle était si quelques instants plus tard sa réflexion n'avait pas été interrompue par un appel qui semblait lui être destiné.


Hé ! Comment on se barre d'ici ?J'dois rejoindre la route.

La jeune Alsacienne s'attendait tellement peu à se faire interpeller de la sorte alors qu'elle pensait être seule, que, sous l'effet de la surprise, elle sursauta. Rapidement elle se releva pour faire face à celui qui avait prononcé ces paroles. C'était un jeune homme à l'allure plutôt négligée, des taches d'herbes sur son pantalons, d'autres taches aussi qu'elle en parvenait pas à identifier, et d'ailleurs, elle était loin d'être sûre de vouloir savoir ce que c'était. Il lui faisait face, stoïque, attendant sa réponse, les mains dans les poches et les écouteurs dans les oreilles. Il n'y avait aucun doute à avoir, c'était la dernière victime de la brume. Camille ne l'avait jamais vu, c'était un parfait étranger et il l'avait surprise en l'appelant, de manière peu polie d'ailleurs. Il attendait sa réponse mais la jeune fille devait faire un énorme travail sur soi pour lui procurer. Un étranger peu rassurant, il n'en fallait pas plus à la naufragée pour perdre les pédales et être incapable de répondre. De toute façon, que pouvait-elle répondre ? Lui dire comme ça qu'on ne se barrait pas d'ici, que s'il était entré sur la lande, il devait s'attendre à y rester quelques temps, peut-être même pour toujours...
Les secondes passaient et seul le silence répondait au nouveau venu. Il devait bien la trouver idiote à rester planter là sans rien dire. Mais si seulement il y avait eu une réponse à lui donner, elle aurait pu surmonter son appréhension et lui dire, se débarrassant ainsi de lui. Mais si il y avait eu une réponse, elle ne se serait jamais trouvée là et le problème ne se serait pas posé... Finalement, après que près d'une minute se soit écoulée, minute pendant laquelle Camille osa à peine lever les yeux sur lui, elle prit son courage à deux mains et dis d'une petite voix timide :


- Euh...Salut. On va dire que c'est compliqué, je ne sais pas trop comment dire...

Ça y est, elle devait définitivement passer pour une idiote et pourtant, elle n'avait fait que dire la vérité, la stricte vérité. Il ne lui restait plus qu'à espérer que l'inconnu l'aiderait et ne s'énerverait pas devant sa réponse si simplette. Si ce n'était pas le cas, la fragile Camille n'étant pas dans son meilleur jour risquerait à nouveau de craquer et de fondre en larmes devant une personne qu'elle ne connaissait nullement.

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Victorin Blanchet


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MessageSujet: Re: Comment ça coincé ?C'est quoi ce bordel ?   Lun 4 Avr - 19:41

Apparemment la jeune fille se croyait seule car en entendant la voix de Victorin elle sursauta brusquement. Pourtant il s'était abstenu de crier cette fois ci, chose rare pour lui qui avait pris la mauvaise habitude de gueuler pour s'exprimer. Certes il n'avait pas été très aimable, il ne l'avait d'ailleurs jamais été, mais dans l'ensemble il avait abordé l'inconnue d'un ton banal, assez en tout cas pour ne pas se faire menaçant. La jeune fille au gilet de laine l'observa longtemps, son regard s'attardant sur son pantalon ou plutôt la crasse qui l'imprégnait ce qui tira une grimace à Victorin. D'ordinaire il ne faisait pas attention à ce qu'il portait, ni même à l'état dans lequel était ses vêtements, du moment qu'il avait chaud en hiver, qu'il était au sec quand il pleuvait ou tout simplement que le tissu couvrait assez son corps pour ne pas passer pour un exhibitionniste. Aujourd'hui comme ça aurait été souvent le cas la jeune fille passait pour un top model à coté de lui. Et c'est vrai qu'il avait l'air ridicule avec ses baskets rouge, son jean crasseux, son gros manteau vert et son écharpe grise... Je ne vous parle même pas de ce magnifique pull jacquard, heureusement bien caché sous sa veste, aux couleurs de l'arc en ciel. Certain se serait sentit mal à l'aise dans cet accoutrement, pas Vic. Il avait chaud alors...

Les minutes passaient et la jeune femme n'avait toujours pas répondu à sa question. Rien n'agaçait plus le jeune homme que de devoir attendre quelque chose, surtout s'il fallait que ça vienne d'une fille. D'un coté il ne comprenait pas. Ce sont toujours des pipelettes d'habitude, toujours à parler pour ne rien dire. Elle non. Elle semblait chercher ses mots. Ou bien peut être n'avait elle pas compris ce qu'il lui avait demandé il n'en savait rien. Victorin éteint son lecteur mp3, rangea ses écouteurs et s'apprêta à lui reposer la question quand enfin la jeune fille se décida à répondre. Et là, il n'en cru pas ses oreilles. Compliqué ?Non mais elle se foutait de sa gueule celle là ou quoi ?Une simple question, toute simple. Et elle était incapable de répondre ?!Le jeune homme lâcha un soupir exaspéré puis renchérit.

J'en ai rien à foutre que ce soit compliqué !Dis moi juste comment rejoindre la civilisation, j'me débrouillerai. T'es bien venue jusqu'ici non ?Alors tu devrais savoir comment repartir !


Vic laissa le temps à la jeune fille de digérer ces mots. Il n'avait pas été tendre. Il en avait marre et voulait rentrer au plus vite, ça pouvait se comprendre, mais rien ne justifiait une telle animosité de sa part. Il espérait sans doute lui faire peur. Des fois quand les gens ont peur, ils ne réfléchissent pas et vous disent de suite ce que vous leur demandez, pas besoin de réfléchir. C'était surement ce que voulait Victorin. Qu'elle oublie les détails et aille directement à l'essentiel comme lui avait l'habitude de faire. Mais le jeune homme eut soudain un sentiment étrange et observa plus attentivement la jeune fille. C'est vrai, que faisait elle, toute seule, assise dans l'herbe, noyée dans la brume à cette heure de la journée ?Enfin, Vic ne voyait vraiment pas l'intérêt de cet isolement, lui n'avait pas eu le choix mais les filles toutes frileuses qu'elles étaient préféraient d'ordinaire les coins chaud, la lande n'en faisait malheureusement pas partie. La voix du jeune homme se radoucit donc et il interrogea à nouveau l'inconnue.

Me dis pas que t'es perdue toi aussi ?


Il espérait de tout son coeur que ce n'était pas le cas. Si son idée s'avérait exacte alors il était dans la merde jusqu'au cou. Déjà, il devrait surement s'excuser de lui avoir crier dessus, il détestait s'excuser. Ensuite il ne pouvait pas la laisser toute seule ici, pas que ça l'enchante bien sur mais malgré tout ses défauts Vic n'était pas un monstre et on ne laisse pas une jeune fille seule, sans défenses, comme ça. Même si bien sur il n'avait aucune envie de se la coltiner. Et puis à deux ils auraient peut être plus de chance de retrouver leur chemin. Tout ça en supposant qu'elle soit vraiment perdue sinon Vic pensait avoir de sérieuses explications avec la jeune fille à propos de ce mot "compliqué".
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Camille Weber

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MessageSujet: Re: Comment ça coincé ?C'est quoi ce bordel ?   Mer 6 Avr - 22:51

Il avait eut l'air de l'attendre sa réponse et visiblement celle que Camille lui apportait ne lui convenait pas mais qu'y avait-il d'étonnant à cela ? C'était une question simple, il s'attendait à une réponse simple et rapide. Avant qu'elle réponde il avait commencé à s'impatienter, après qu'elle l'ai fait, il semblait sur le point d'exploser. Tout cela, Camille aurait pu le remarquer si elle l'avait regardé lui et non pas le sol qui était décidément bien moins intimidant que l'étranger. Jetant de temps en temps un petit coup d'oeil à son interlocuteur, si on pouvait l'appeler comme ça, la jeune fille finit par remarquer qu'il avait fait des efforts. Il avait retiré ses écouteur de ses oreilles, comme un signe de bonne volonté et d'encouragement à la conversation. Cependant, il en fallait beaucoup plus que ça à Camille pour être à l'aise, surtout qu'elle n'avait jamais été une grande bavarde, le silence lui plaisait tellement... Malgré cela, elle avait répondu de son mieux à la question du nouveau naufragé mais le moins que l'on pouvait dire, c'était que sa réaction ne fut pas très agréable.

J'en ai rien à foutre que ce soit compliqué !Dis moi juste comment rejoindre la civilisation, j'me débrouillerai. T'es bien venue jusqu'ici non ?Alors tu devrais savoir comment repartir !

Ce que Camille avait tant redouté était finalement arrivé. Ne possédant visiblement pas une grande patience, l'inconnu s'énerva rapidement contre elle après avoir entendu sa réponse. Un soupir exaspéré puis ces mots si peu délicats dis d'une voix ne cachant en rien l'impatience et l'énervement. Rejoindre la civilisation, elle aussi en rêvait mais contrairement à lui, elle savait que c'était impossible, ils étaient prisonniers et c'était visiblement à elle de lui apprendre. Oui elle était venue jusque là mais non elle ne savait pas comment repartir. Dans la théorie il aurait suffit qu'ils se retournent et marchent tout droit mais la théorie c'est ce qui devrait fonctionner mais ne fonctionne jamais. Ce cas ne dérogeait pas à la règle : marcher sans se retourner ne fonctionnerait pas, ils reviendraient inlassablement à cet endroit.
Face à ces mots, et surtout à ce ton blessant, la majorité des gens auraient répliqué mais Camille non. Lorsque l'on s'énervait contre elle, la jeune fille avait une nette tendance à s'en vouloir, à penser que c'est de sa faute et qu'il valait mieux qu'elle se taise. Cette sensation, cumulée à la nostalgie du monde extérieur et au sentiment de mal-être qu'elle subissait depuis le matin, suffit à briser les dernières défenses de la fragile Alsacienne. Elle ne se sentait pas bien, elle recherchait la solitude et ce parfait inconnu lui tombait dessus alors qu'elle n'avait rien fait pour. Décidément, cette journée était vraiment un jour sans ! Cependant, Camille refusait de craquer à nouveau. Elle ne voulait pas pleurer devant cet étranger qui ne lui inspirait pas du tout confiance. Elle restait silencieuse, les yeux baissés vers le sol, n'osant plus du tout le regarder. Un seul regard pourrait être l'élément déclencheur, celui qui ferait couler les larmes qu'elle retenait de toutes ses forces. Ses lèvres tremblaient et sa respiration devenait irrégulière, une seule envie fusait en elle, celle de partir, de le laisser là, de courir et de se réfugier ailleurs, là où il n'y aurait vraiment personne et où elle pourrait laisser couler ces larmes, symboles de toutes les épreuves qu'elle endurait sur cette lande. Une envie dévorante mais qu'elle se devait de réprimer. Elle n'avait pas peur de lui, non, elle était terrifiée. Elle s'en voulait de s'être éloignée des autres et espérait au fond d'elle même que quelqu'un soit en train de la chercher et arrive rapidement. Excepté les légers tremblement, la jeune fille n'avait esquissé aucun mouvement mais visiblement le jeune homme non plus. La situation semblait bloquée et les secondes passaient, longues face à ce silence lourd. Ils semblaient vraiment coupés du monde, déconnecté de la réalité, comme si le temps s'était arrêté autour d'eux. Tout à coup Camille frissonna. Froid ou peur ? Elle l'ignorait elle-même mais cela fit visiblement réagir l'imbécile qui était venu la déranger puisqu'il reprit la parole.
Sa voix avait changé, il ne paraissait plus aussi menaçant, presque rassurant. Mais dans l'esprit de Camille, rien n'avait changé, elle avait été effrayée par la première image qu'elle avait eu de lui et elle n'était pas près de l'oublier. Sa nouvelle question non plus d'ailleurs elle n'était pas prête de l'oubliée. D'une voix toute gentille il lui demandait si par hasard elle était elle aussi perdue. Quelle ironie ! Là non plus Camille n'aurais pas su quoi répondre si elle avait pu le faire. Non, elle n'était pas perdue, juste coincée là, à nouveau difficile à expliquer. Mais pour le moment, la question ne se posait pas. Si elle tentait de prononcé le moindre mot, toutes ses défenses s'affaisseraient et les larmes abonderaient dans ses yeux. mais que pouvait-elle faire ? Elle resta à nouveau immobile ou plutôt ne réagis pas à cette nouvelle question. Le temps passait inlassablement et le silence restait maître de cette rencontre. Ne sachant que faire de mieux, la jeune fille se rassit par terre, tournant le dos au nouvel arrivant. Là au moins elle était sûre de ne pas croiser son regard. Comment il réagit à ce mouvement quelque peu inattendu ? Elle l'ignorait totalement, mais elle espérait qu'il parte, cherchant quelqu'un d'autre pour le renseigner, la laissant tranquille.
Une fois de plus, ses espoirs furent vains et rapidement anéantis. Il était toujours là, attendant visiblement qu'elle réagisse enfin, ce qu'elle finit par faire à contre coeur. Camille inspira profondément avant de reprendre la parole d'une voix encore moins audible que précédemment, une voix surtout beaucoup plus tremblante.


- Oui... Je suis venue jusque ici...

Les mots avaient du mal à sortir de sa gorge, elle avait du mal à parler, du mal à ne pas craquer. Déjà, les gouttelettes salées coulaient sur ses joues en silence. Lui ne pouvait pas les voir mais elle, elle les sentait bien. Si elle avait de la chance, il ne le remarquerait pas mais rien ne semblait allait comme Camille le voulait en ce jour et elle se doutait bien qu'il finirait par s'en rendre compte. Malgré cela, la jeune naufragée continua à parler, continua à répondre.

- Je... Je ne sais pas... Je n'sais pas si je suis perdue... D'une certaine manière on peut dire que oui...

Encore une réponse étrange et mystérieuse à une de ses questions simples. Il allait définitivement la prendre pour une fille bien étrange mais n'était-ce pas finalement ce qu'elle était ? Ou bien seule la situation dans laquelle ils se trouvaient était étrange ? Néanmoins, aussi étrange qu'elle était, Camille n'était pas idiote, elle savait bien que ses paroles avaient un sens et qu'elle devait des explications à l'inconnu. Avant même qu'il n'ai pu à nouveau se fâcher contre elle à cause de sa réponse, elle poursuivit.

- Perdue n'est peut être pas le mot exact... Je suis juste coincée ici...

Elle aurait voulu continuer par "on est tous coincés ici" mais elle n'y parvint pas. De toute façon, elle finirait bien pas devoir le dire, chaque chose en son temps. Maintenant elle devait se calmer, arrêter de pleurer avant qu'il ne le remarque. Elle sorti le plus discrètement possible un mouchoir en papier de sa poche et commença à s'essuyer les joues et les yeux mais les larmes coulaient toujours, calmement. Elle était presque sereine si on exceptait le fait un parfait inconnu se tenait derrière elle, que cela l'effrayait et qu'elle était dans l'obligation de lui révéler une nouvelle bouleversante.
Désormais, c'était la réaction de l'inconnu aux dernières paroles de Camille qui allait sceller la suite de leur rencontre.



[Hors RP : J'ai vraiment galéré à écrire cette réponse et je m'excuse du niveau d'écriture vraiment très moyen]

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MessageSujet: Re: Comment ça coincé ?C'est quoi ce bordel ?   Jeu 7 Avr - 3:01

Victorin avait beaucoup de mal à suivre la jeune fille. Alors qu'ils étaient en train de parler, ou du moins c'était ce que lui appelait parler elle avait soudain eut l'air angoissée, mal à l'aise. Bien sur, le jeune homme se doutait qu'il y était pour quelque chose mais il devait bien y avoir quelque chose d'autre pour que la jeune fille au gilet de laine se mette dans des états pareils. Il ne l'avait pas frappé que je sache !D'ailleurs il n'oserait surement jamais le faire... Frapper une fille ? Ce serait s'abaisser à leur niveau. Et puis qu'est ce que ce serait lâche franchement. A nouveau, et malgré le ton plutôt conciliant qu'il avait pris pour questionner l'inconnue elle sembla avoir des difficultés, je dirai même de grosses difficultés, à répondre. Elle resta prostrée la longtemps, sans bouger. Des minutes qui auraient parue insignifiantes lors d'une conversation animée mais le silence pesait si lourd sur la lande qu'elle se rapprochaient plus des heures. Ne sachant que faire face à la situation Victorin, l'air penaud, se contenta d'observer la jeune fille, attendant qu'elle reprenne son calme et que peut être elle lui réponde. Mais ou moment ou le jeune homme pensait enfin la délivrance de ce vide arrivée il fut confronté à une toute autre chose. Tout à coup, et sans raisons apparentes la demoiselle, qu'on aurait pu maintenant comparer à une fillette du fait de son comportement, se rassis dans l'herbe en lui tournant le dos. Vic ne connaissait que trop bien cette attitude. C'était ce qu'il appelait la barrière invisible. Oui, il aimait bien donner des noms ridicules à certains comportements déjà observés auparavant et se les ressortir fièrement comme un fin psychologue, ce qu'il n'était pas, aurait fait. Bref souvent, quand il embêtait ses soeurs, et Dieu sait qu'elles en ont bavé les pauvres, il arrivait toujours un point ou elles se mettaient à hurler en appelant maman comme si on avait essayé de les tuer, or sachez le, avoir du chewing gum dans les cheveux n'a jamais tué personne. Dans le cas contraire, elles se recroquevillaient sur elle même, boudant, se plongeant dans une sorte de mutisme, dans un autre monde où les frères tyranniques n'existaient pas. Ici l'inconnue avait le même genre de réaction. C'était comme si elle ne voulait pas qu'il soit là, comme si elle voulait s'en aller et qu'elle en était incapable. Quand il était face à ses soeurs Victorin se contentait de les laisser tranquille mais aujourd'hui, même si il avait du mal à l'admettre, il avait bien trop besoin de la jeune fille pour la laisser tomber. Il attendit alors derrière elle, sans faire mine de la toucher pour ne pas lui faire peur et la brusquer, juste attendre. Ce qu'il détestait le plus mais la fin justifiaient les moyens, proverbe rasoir mais tellement vrai. Quand elle reprit enfin la parole, toujours assise lui tournant le dos, il l'écouta sans broncher, même si là encore, rien de ce qu'elle dit ne le réjouissait. Finalement son intuition ne l'avait pas trahit, la jeune fille était bien perdue, et maintenant elle semblait en plus au bord du rouleau. Il décida donc, pour commencer, d'essayer de lui faire remonter le moral. Il n'était pas doué pour ça mais heureusement il avait dans son arc une arme spéciale. J'ai nommé : la barre de céréales aux fruits. Personnellement il trouvait ça complètement dégueulasse mais c'était Mariette qui lui avait glissé dans le sac et les filles étaient toujours friandes de ces trucs secs et sans gouts. Ainsi Victorin prit place sur l'herbe, à coté de la jeune fille et lui tendit le petit sachet.

T'en veux ?J'aime pas ça.

Tout en se voulant réconfortant il ne voulait pas qu'elle croit qu'elle lui faisait pitié. C'est vrai quoi, après tout si il lui donnait cet encas c'était seulement parce qu'il n'aimait pas ça. Sinon il l'aurait manger devant elle sans aucun problème de conscience, il en était persuadé. Sans même laisser le temps à la jeune fille de se saisir du paquet il le posa à terre, mit ses mains sur ses genoux, tandis qu'il était assis en tailleur et attendit un peu. Il inspira à grand coup, regarda à nouveau l'inconnue, l'obligeant presque à soutenir son regard et déclara banalement.

J'm'apelle Vic. Toi c'est ?


Cette phrase invitait bien sur la jeune fille à en dire plus et tout particulièrement à savoir comment partir d'ici et ce qu'elle voulait dire par "coincée", depuis combien de temps elle était là si vraiment elle était coincée, mais Victorin ne voulait pas brusquer les choses pour le moment. Une fille en pleurs, le détestant, ne lui serait d'aucune utilité, fait universel. C'était un peu comme la rencontrer une deuxième fois mais d'un meilleur pied maintenant. Enfin si on peut le dire. Ce que Vic voyait lui c'était que quoi qu'il fasse il était perdu pour un moment alors... Il fallait bien qu'il s'occupe, autant le faire intelligemment en mettant la jeune timide de son coté. Vic se demandait aussi quel âge elle pouvait bien avoir, et les raisons qui l'avaient poussé à se rendre sur la lande seule. Mais pour le savoir il devra surement attendre de gagner sa confiance. Attendre, toujours attendre. Journée pourrie !

[HRP: ben j'le trouve bien ton rp moi c'est le principal.]
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Camille Weber

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MessageSujet: Re: Comment ça coincé ?C'est quoi ce bordel ?   Lun 18 Avr - 19:49

Il était resté debout un long moment, jusqu'à ce qu'elle réponde, peut-être même un peu plus longtemps. Camille n'avait pas fait attention à l'attitude de l'inconnu mais à un moment il se retrouva assis en tailleurs à côté d'elle. Elle fixait le sol, cherchant absolument à ne pas rencontrer son regard. Un regard c'est une preuve de vie et son regard à elle était une preuve de frayeur et d'égarement.
Lorsqu'elle avait enfin repris la parole, il n'avait pas réagis. Pas de nouveaux cris, pas de soupirs d'exaspération, rien. Ce manque de réaction était aussi étonnant que réconfortant pour Camille. Elle ne trouvait pas logique, surtout après la précédente réponse du jeune homme quand elle avait répondu de manière aussi vague, qu'il ne dise rien, qu'il ne perde pas patience. Au contraire, c'était calmement qu'il s'était assis à côté d'elle, il était vraiment incompréhensible... Malgré cela, cette nouvelle manière d'agir rassurait quelque peu la jeune Alsacienne. Il paraissait tout à coup moins menaçant, plus réconfortant mais tout de même pas assez pour redonner confiance à la jeune fille, il lui en faudrait plus que ça, surtout du temps, pour accepter la présence de l'étranger. Pour l'instant, elle faisait comme si il n'était pas là. Elle avait répondu à ses questions et il n'en avait pas posé de nouvelles or mener une conversation n'était pas dans ses habitudes et le silence lui convenait bien mieux. Un silence qui dura encore quelques instants avant qu'il ne soit brisé par le nouveau venu qui fouillait dans son sac. La curiosité de Camille la poussait à se demander ce q'il cherchait mais elle n'osait toujours pas le regarder bien que ses larmes aient cessées de couler. Elle s'était quelque peu calmée mais rien ne garantissait que ce calme n'était pas qu'apparent, elle avait vraiment besoin de temps avant d'être capable de lui parler, surtout pour lui expliquer sa situation, leur situation.


T'en veux ? J'aime pas ça.

Une fois de plus, ce fut l'étranger qui coupa le silence qui s'était installé entre eux. Cette fois ci, il lui tendait une barre de céréales aux fruits, sans doute ce qu'il avait cherché dans son sac juste avant. Camille n'eut pas le temps de réagir qu'il avait déjà posé la friandise sur le sol en attendant qu'elle la prenne. Il disait ne pas aimer ça, comme pour expliquer le fait qu'il lui offrait, comme si il ne voulait pas passer pour quelqu'un de gentil, il était vraiment de plus en plus étrange. Enfin, il n'aimait pas ça et la jeune fille pouvait comprendre, elle-même n'était pas une grande fan de ces collations. Camille préférait nettement les barres chocolatée ou les fruits frais aux barres avec des fruits secs mais son enfermement sur la pointe lui interdisait l'accès à ces produits. C'est pour cette raison qu'elle finit par s'emparer doucement du cadeau fait par l'inconnu.

- Merci.

En disant ce simple mot Camille s'était sentie obligée de regarder celui à qui elle s'adressait. Sur ses joues subsistaient les marques des larmes qui y avaient coulées quelques minutes auparavant mais à présent ses yeux étaient secs et un sourire timide se peignait sur ses lèvres. Dès lors l'inconnu attrapa son regard, l'obligeant à le regarder et à ne plus baisser les yeux. Il avait profité de ce court instant de calme et d'attitude presque normale chez la jeune fille pour réengager leur rencontre, comme si il voulait tout reprendre à zéro. C'était une idée qui n'était finalement pas mauvaise, maintenant que Camille avait laissé échappé sa frustration d'être coincée là et sa peur après l'avoir rencontré alors qu'elle ne s'y attendait pas, elle pourrait peut-être surmonter son appréhension vis à vis de lui et avoir une conversation aussi banale et normale que la situation leur permettrait.

J'm'apelle Vic. Toi c'est ?

Elle avait apparemment raison en pensant qu'il voulait tout reprendre à zéro car, sans avoir lâché son regard, il commença par se présenter. Une simple phrase, courte et déclarée banalement mais surtout une phrase qui s'inscrit dans la logique d'une rencontre avec un inconnu. Vic. Sans doute un surnom ou un diminutif pensait Camille mais elle ne lui demanderait pas. Si il se présentait sous le nom de Vic, c'était qu'il voulait qu'on le nomme comme ça, elle ne chercherait pas à comprendre pourquoi, pas pour l'instant en tous cas.

- Moi c'est Camille.

Une question courte et simple, encore, mais cette fois une réponse quasi instantanée et surtout une réponse qui était enfin simple.
Après cet échange rapide et d'une banalité déconcertante le silence revint. Camille se doutait que par cette entame de conversation Vic en attendait plus que cette simple réponse. Il cherchait sans doute à en apprendre un peu plus sur elle et surtout sur ce lieu mais la jeune fille ne savait pas comment enchaîner. Si elle donnait des informations supplémentaires sur elle même, elle aurait l'impression de le saouler en parlant d'elle. Et si elle continuait sur la pointe... Non, ce n'était pas possible, elle ne savait pas du tout comment aborder le sujet, elle ne se voyait pas du tout dire comme ça, sans préavis : "Sinon, on est coincés ici, t'as traversé la brume et c'est pas possible de faire demi-tour, bienvenue sur la lande !". La situation dans laquelle ils se trouvaient avait vraiment l'air bouchée et ni l'un ni l'autre ne semblait vouloir faire le premier pas, si bien que le semblant de discussion qui avait commencé mourut instantanément. Face à ce silence la jeune Alsacienne finit par ouvrir la barre de céréales que le nouveau naufragé lui avait offert et en mangea un tout petit morceau. Ce n'était pas de la faim. Même pas de la gourmandise. Elle grignotait ça juste pour passer le temps et cherche quelque chose à dire. Finalement, elle se décida à parler en combinant quelques informations sur elle et sur leur situation tout en reprenant les questions qu'il lui avait posé avant le nouveau départ de leur rencontre.


- Avant tu m'as demandé si j'étais perdue et j'ai eu du mal à répondre... En fait, la situation est vraiment compliquée... On est perdu quand on ne sait pas où on est, mais je sais où on est, sur la pointe du Groix, en Bretagne, loin de chez moi. Je viens d'Alsace. Mais le problème n'est pas là... Le problème c'est d'aller ailleurs qu'ici...

Et voilà qu'elle recommençait à énoncer des propos décousus même si pour elle et tous les naufragés qui connaissaient leur situation ils avaient un sens. Elle était en train de lui dire qu'ils étaient bloqués sur cette lande et elle ne s'en rendait même pas compte. Sa voix était monocorde et ses yeux perdus dans le vide. Elle disait ça comme elle aurait raconté une histoire déjà dite des centaines de fois, comme un cours appris par coeur sans avoir été compris et que l'on récite. Sans s'en rendre compte elle s'était stoppée dans son discours. Vic avait peut-être réagis, dit quelque chose, mais elle ne l'avait pas écouté. Tout à coup, elle reprit.

- Une fois qu'on est rentré sur la lande, on n'est ressort pas.

Une toute petite phrase mais elle avait tout dis, tout ce qu'il y avait à dire sur ce lieu. Certes ce n'était pas clair et le nouveau venu allait lui demander d'autres explications mais le plus dur était fait, maintenant il ne restait plus qu'à voir comment il allait réagir. Camille, elle, sortait de l'état second dans lequel elle avait été pendant toutes ses révélations, elle gardait juste un sourire triste qu'elle adressait à Vic. Elle était vraiment désolée d'avoir eu à lui révéler tout cela.

_________________
L'onde profonde
D'un océan de solitude m'inonde
Alors qu'entourée de tout ce monde
Je contemple ces présences immondes
Tout en supportant cette vie qui nous incombe
Et qui indéniablement se finira dans la tombe !
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